Interview Avec Rob Pennington de Black Cross
Petite parlote avec Rob Pennington, chanteur de Black Cross, et légende du Hardcore – dans ce qu’il a de meilleur, et de plus “beau” à offrir - à l’occasion de la sortie du fantastique “Severance Pays”, second album du combo de Louisville. Non, le Hardcore n’est pas mort, pas plus qu’il n’est une musique de, et pour, individus à la taille des bras inversement proportionnelle à celle du cerveau…
emofag: Pourquoi avez vous mis si longtemps pour sortir ce nouvel album ?
Rob: Nos emplois du temps respectifs ne nous laissent pas beaucoup de temps pour répéter. Evan et Ryan travaillent beaucoup sur Coliseum et Young Widows, et j’ai commencé un doctorat il y a maintenant deux ans qui occupe un maximum de mon temps libre.
e: Avez vous enregistré ce nouvel album en live comme ce fut le cas pour Art Offensive?
R: Enregistrer cet album a été une expérience des plus live! Nous avions moins répété, un budget limité, et certains des titres n’avaient pas beaucoup été joués. J’avais un flingue sur la tempe pour finir les textes… Il y avait un sentiment très viscéral au sujet des nouvelles chansons, mais les textes manquaient de mise en forme sur le contenu. Nous avons pu enregistrer assez rapidement mais il nous a fallu retourner plusieurs fois en studio, à cause de nos plannings respectifs, pour terminer le mixage. Cela semblait ne pas avoir de fin et c’est devenu très frustrant. Mais après tout, cet album est fait maison, il a un côté très simple.
e: Les titres sont encore plus rapides, plus d’urgence également. Aviez vous cette idée en tête lors de la composition?
R: Je pense que c’est la direction que nous suivons depuis un moment. Nos racines sont ancrées dans une musique développée sur un sens de l’urgence, d’une réponse immédiate. J’ai grandi avec Rites Of Spring et d’autres groupes de DC. Mais nous ne “planifions” rien quand nous écrivons, c’est naturel.
e: Les textes sont géniaux, un mélange de personnel et de politique, très éloignés des standards actuels. Est ce nécessaire pour toi de jouer de la musique avec des idées, et des idéaux ?
R: Merci! Je pense que le choix du contenu des textes revient à celui qui les écrit. Personnellement, j’ai toujours fait attention à ce que je chante, en gardant à l’esprit un sens des responsabilités. Si tu peux le faire, au moins partiellement, pour les autres, alors je crois que tu peux éviter de tomber dans cette espèce de “dépendance à l’attention” qui frappe de nombreux chanteurs.
e: De “By The Grace Of Go” à “Endpoint”, tu sembles avoir toujours gardé l’esprit Punk/Hardcore de Washington DC. Quelles sont tes influences musicales? Et qu’est ce qui t’a amené à devenir un chanteur de Punk?
R: Mes influences sont assez vastes. Parmi mes groupes favoris et ceux avec qui j’ai grandi, je citerai : Rites Of Spring, Laughing Hyenas, Husker Dü, Scream et Soulside. Quand j’étais enfant, mon père écoutait toujours de la Country. Adolescent, je ne pouvais plus supporter ce style de musique! Mais je dois maintenant reconnaître que la Country a une sorte de simplicité et d’honnêteté et qu’elle m’a influencé. Je suis aussi toujours très inspiré par Ozzy Osbourne. Je sais que ses récentes apparitions peuvent le faire passer pour un abruti, mais il adore jouer, et il adore son public. Il y a une sorte de magie qui émane d’Ozzy quand il est sur scène, et j’espère que je serai toujours aussi heureux de jouer que lui.
e: Qu’est Black Cross pour toi? Est ce nécessaire d’avoir un “vrai” travail à côté dans le monde de la musique aujourd’hui pour rester intègre?
R: C’est du bon temps et un moyen de partager avec les autres. J’aime être sur scène et j’espère sincèrement que nous pourrons faire plus de concerts. En ce qui concerne la seconde partie de ta question, je ne pense pas qu’il faille forcement un boulot à côté pour éviter de rentrer dans la routine de jouer pour l’argent, mais je pense par contre qu’il faut avoir plusieurs passions dans sa vie. La musique peut être un exutoire et avoir une vie autonome, mais elle est limitée dans les moyens de contribuer à un monde meilleur. Si tu veux être heureux, trouve un chemin où tu peux à la fois apporter aux autres, à ton environnement et faire de la musique.
e: Tu - en fait, nous… - n’es plus si jeune que cela; qu’est ce qui te pousse à continuer?
R: Le café et l’aspirine… Je plaisante ! J’aime jouer de la musique et je sens que j’ai un réservoir d’enthousiasme inépuisable pour ça. J’ai récemment commencé un nouveau groupe avec Becca, ma femme, comme ça je peux jouer encore plus souvent.
e: Quel est ton avis sur la scène Hardcore actuelle? Qu’écoutes tu?
R: Toujours la même chose, du bon et du mauvais, du vide et de l’intéressant.
e: Sans doute une question bizarre dans un magazine musical, mais bon: quel est ton point de vue sur ton pays à quelques mois de la prochaine élection présidentielle?
R: Nous tournons en rond. Notre climat politique actuel est toxique et je n’ai pas de grand espoir pour la prochaine administration. Nous sommes tellement à côté de la plaque, loin de toutes les réalités que pour faire face, je me concentre sur des problèmes immédiats pour lesquels je peux faire quelque chose à mon niveau. Le Présidents Bush et ses acolytes ont précipité mon pays vers un gouffre. Ce qui m’inquiète le plus est notre politique extérieure, la manière d’agir avec les autres pays. Je peux sentir la haine que le reste du monde nous porte. C’est une telle frustration de sentir que quelqu’un d’autre parle pour toi.
e: Louisville m’apparaît comme une ville étrange, petite à l’échelle américaine, surtout connu pour son derby (ndr : le derby du Kentucky…), un peu également pour Hunter S. Thompson, mais avec une scène musicale très active. As tu une explication ?
R: C’est une des villes les plus lugubres et isolées qui soit. Il y a toujours eu un sentiment de colère rentrée qui flotte dans Louisville. Les jours de foire ont forgé le sentiment qu’il n’y a rien d’autre à faire en dehors de cette période.
e: Pouvons nous espérer une tournée de Black Cross? Ou devrais je venir à Louisville?
R: Tu devras venir ici. Nous ne sommes pas sûrs en ce qui concerne le futur. Nous essayons de garder Black Cross vivant en ne faisant pas de plan sur son avenir.
e: La dernière question, qui n’en est pas une. C’est une offre, que tu peux accepter ou pas, pour parler librement sur le sujet de ton choix.
R: Mmmm… Je travaille depuis douze ans avec des enfants atteints d’autisme et je souhaiterais vivement que les gens s’intéressent à ce problème. Alors que les technologies et les méthodes d’instruction se sont améliorées de manière significative, j’ai peur que les services pour les personnes souffrant d’handicap ne se réduisent en même temps que notre économie régresse. Ce sera aux gens, au sein de leur communauté, d’aider ces individus. J’invite tes lecteurs à chercher une opportunité de faire quelque chose, à leur niveau, pour ces personnes qui sont si souvent oubliées.
Rob Pennington
OFFICIAL BLACK CROSS MYSPACE PAGE:
http://www.myspace.com/officialblackcross
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