Dead Meadow, Café de la Danse, 9 Mars 2008
NB: ce concert date un peu certes mais c’est une occasion parfaite pour faire découvrir un grand groupe à ceux qui ne connaissent pas encore…
Il y a maintenant 3 ans de cela, un groupe étrange et fascinant faisait la première partie de …And You Will Know Us By The Trail Of Dead à la Maroquinerie. Arrivé en retard je n’en sais pas plus sur leur identité. Pourtant quelques jours plus tard, en m’adonnant à une de mes activités favorites, qui est d’arpenter les bacs à CD d’un disquaire à la recherche ’’du’’ disque du moment qui tue (une autre étant de faire la sieste sur mon canapé devant un étape de plaine du tour de France en semaine plutôt que d’aller travailler, mais c’est une autre histoire beaucoup moins passionnante je vous l’accorde…), j’éprouve une sensation de déjà vu à l’écoute d’un morceau qui passe dans la boutique. Après vérification auprès du vendeur lors d’une scène qu’on aurait pu vraisemblablement croire sortie de “High Fidelity”, le comique en moins, forcement, celui-ci me sort avec ce subtile mélange de désinvolture et de fierté qui fait la marque des bons commerçants: “ben ça mon gars c’est le dernier Dead Meadow!!!…”. Double info donc: ce fameux groupe vu une semaine auparavant a donc un nom, et en plus a sorti plusieurs albums, de quoi rendre suffisamment frénétique le pauvre amateur de musique alternative que je suis. Je repars donc avec “Feather”, cinquième album du groupe sous le bras (on disait ça pour les 33t, on a gardé l’expression pour les CDs allez savoir pourquoi, vu la taille d’un CD, par contre quand on passera au téléchargement sur borne de MP3s je vous laisse cogiter). Verdict trois ans plus tard: Dead Meadow est sans doute un des groupes que j’écoute le plus sur mon I-Pod. Leur musique, ni franchement originale, ni spécialement accrocheuse à la première écoute, m’a complètement séduit. Dead Meadow semble avoir assimilé différents courants, en commençant par la Pop Psyché 60’s (Pink Floyd période Syd Barret/Hendrix), le Heavy Rock 70’s à la Blue Cheer/Black Sabbath, en passant par la Cold Wave 80’s (The Cure/Fields Of The Nephilim), jusqu’à la vague alternative américaine des 90’s (Sonic Youth/Mudhoney/Nirvana). Vous imaginez ce qu’aurait été Nirvana si Cobain avait succombé aux plaisirs des drogues hallucinogènes plutôt qu’à l’héro ? Eh bien Dead Meadow c’est un peu cela. Pour que le néophyte trouve facilement sa route au milieu de leur discographie maintenant plutôt riche suite à la réédition de leurs premiers enregistrements : ’Feather’ est sans conteste l’album à se procurer de façon urgente. Le groupe semble complètement perdu, la musique baigne dans une atmosphère quasi léthargique, et surtout profondément mélancolique, le tempo a été ralentie au point de clouer l’auditeur dans un état qui pourrait paraître bien sombre si les mélodies n’étaient pas d’une beauté renversante. Leur dernière livraison ’Old Growth’ parue en février dernier repart sur des chemins plus pop et surtout beaucoup moins oppressants. Après quelques écoutes on se rend compte du réel potentiel que possède Dead Meadow quand il s’agit de donner naissance à de vraies chansons, chose qui n’était pas évidente précédemment. Moins de longues improvisations donc, et quelques perles dont le parfait “I’m gone” d’ores et déjà dans ma playlist de tubes du moment, bien vide il faut se l’avouer.
Le concert du Café de la Danse était donc une excellente occasion de redécouvrir ce groupe sur scène, avec du recul et surtout une connaissance plutôt approfondie de leur discographie. Malgré quelques problèmes liés à un son un peu trop élevé pour l’endroit (”contrepartie au fait de jouer dans un lieu si atypique” dixit le chanteur guitariste) le show fut immense avec des morceaux provenant de toutes les périodes du groupe. La voix de Jason Simon est toujours très en retrait, parfois quasi inexistante. Fatigue, alcool ou réelle démarche artistique? peu importante l’émotion est là, le jeu de guitare aérien associé à une rythmique hypnotique et possédée nous embarque dans une transe que bien d’artistes électro tente de reproduire sans sucés. Espérons seulement qu’il ne faudra pas attendre encore trois ans pour pouvoir revoir ce groupe sur scène… Sur ce je vous laisse : je retourne écouter “Old Growth” pour la sixième fois de la journée!
RAWM1
Si vous avez apprécié cet article, s'il vous plait, prenez le temps de laisser un commentaire ou de souscrire au flux afin de recevoir les futurs articles directement dans votre lecteur de flux.

Chargement 



















Commentaires
Pas encore de commentaire.
Désolé, les commentaires sont clos pour le moment.