Interview Avec Maxime, Jérôme & Stéphane d’Eibon

Bâti sur les cendres du combo culte Garden Of Silence et comprenant dans ses rangs des membres de Drowning, Eibon est en passe de devenir le leader de la scène Doom/Death française. Après un très bon split chez Bones Brigade avec leurs potes de Hangman’s Chair, Eibon s’est récemment enfermé en studio pour en ressortir avec deux titres monumentaux, épiques et dévastateurs… De quoi relancer le buzz autour du groupe qui, a l’heure où la hype Funeral Doom bat encore son plein, à le mérite de se poser à contre courant en proposant sur une base old-school un Doom consistant nourri de multiples influences allant du Sludge cradingue d’Eyehategod aux ambiances éthérées d’un Isis tout en gardant une vraie personnalité. Bref que du bon et largement de quoi justifier une petite visite au groupe alors en plein mixage de ces deux nouveaux tracks. Visite qui m’aura fait prendre conscience de deux choses: toujours préparer un minimum de questions avant une interview ET: toujours préparer un minimum de questions avant une interview! Mais, malgré quelques flottements, ce qui suit vous permettra largement de faire plus ample connaissance avec un nouveau groupe majeur du mouvement Doom à suivre de très près.

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emofag: Bon Jerôme, tu veux peut-être dire un petit poème peut-être?

Jérôme (Batterie): (Feuilletant « Les Fleurs Du Mal» ) Attends je cherche…

emofag: Un bien, quoi.

J: Ah, « De profundis Clamavi» .

Stéphane
(Basse): (Déclamant) « Pigeon, oiseau à la belle robe…» 

emofag: Bon, on va commencer par une petite question de base, qui est chaud pour faire l’historique du groupe depuis ses débuts?

Maxime
(Guitare): Et ça enregistre là?

emofag: Ouais, ça enregistre.

J: Stephane et moi on a commencé à faire de la zique ensemble en 92 dans Garden Of Silence. Après je suis parti faire Astral Rising, pendant ce temps Steph a rejoint Drowning. Ensuite on s’est retrouvé pour faire Weld avec des anciens d’Astral Rising et Ridwan qui était dans Garden Of Silence. C’est ça Steph, t’étais déja dans Drowning à l’époque?

S: Euh non, c’était après…

emofag: En fait Steph y a que toi parmi vous qui joue dans Drowning?

S: Non, Georges, le chanteur, est aussi dans Drowning.

J: Donc Garden Of Silence d’abord, ensuite Astral Rising puis on est revenu avec Stephane et Ridwan faire Weld, ensuite eux sont partis faire Drowning. Moi j’ai arrêté la zique et…

emofag: Pourquoi t’as arrêté? Pour taffer?

J: Ben ouais pour taffer. Et donc vers la fin des années 90 on a repris la zique ensemble, ça faisait un moment qu’on en parlait avec Steph. Ça s’est fait avec deux autres gars qui faisaient parti d’un groupe de Stoner qui s’appellait Space Patrol. Et puis Maxime, le demi-frère du demi-frère du chanteur de Garden Of Silence, nous a rejoint. C’était son premier groupe pour lui. Une affaire de famille en somme.

emofag: En fait, vous vous connaissez tous depuis un bail?

J: Ouais depuis quinze ans. Je pensais justement à ça parceque j’étais au Troca tout à l’heure et c’est là-bas qu’on s’est vu pour la première fois quand on faisait du skate en 89.

S: Et en fait le chanteur de Eibon est aussi le guitariste de Drowning.

emofag: Ok… Et Drowning c’est mort ou c’est…

S: Non, ça végète un peu mais comme le batteur fait une école de batterie à Nancy ça prend un petit plus de temps que prévu…

emofag: Drowning c’est quel style?

S: Death Metal.

emofag: Quelle frange?

S: Brazil/US on va dire… Angel Corpse, Immolation

emofag: Ah ouais! Donc du Brutal quand-même?

S: Ouais, brutal.

J: (Reprenant le fil) Et donc on a repris avec les mecs de Space Patrol, ça s’appellait Horrors Of The Black Museum. Puis le bassiste est parti et on s’est ensuite séparé du chanteur donc est finalement resté tous les trois, moi, Steph et Maxime, et c’est là que Eibon est né. C’était en 2005. A partir de là on a commencé à composer tous les trois et plus tard on a intégré Georges au chant. On a d’abord sorti le split avec Hangman’s Chair en 2006 et puis on a continué à composer, on est en train de finaliser deux nouveaux titres.

emofag: Avec le même line-up donc?

J: Ouais, Eibon ça n’a pas bougé depuis un an et demi, deux ans.

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emofag: Vous qui êtes dedans depuis 92, qu’est-ce qui fait qu’un groupe ça part en couilles en fait?

S: Y a des personnalités différentes et puis des goûts qui viennent à certaines périodes. Ça reste toujours compliqué de faire de la musique en France. C’est donc dur pour chaque membre du groupe de garder la même motivation intacte. C’est des choix à gérer avec sa vie privée, sa vie de famille.

J: Mais à chaque fois on a été persévérant… Avant Garden Of Silence, on a fait Cemetary, un groupe de Death Metal. Il n’ y avait pas encore Stéphane à l’époque, c’était moi, Ridwan et un guitariste qui est parti plus tard, et entre Cemetary et Weld il y a quand-même eu six ans donc on a vraiment poussé le truc jusqu’au bout. Et en 96 quand j’ai arrêté, j’avais aussi l’impression d’avoir fait le tour.

emofag: Garden Of Silence c’était du pur Doom/Death. Un style que vous vouliez faire à la base?

J: Ouais carrément. Dans quasiment tout ce qu’on a fait, ça à toujours été le style qu’on voulait faire.

emofag: Et c’était quoi vos influences à la base?

J: C’était Candlemass, At The Gates, Solitude Aeternus

S: Black Sabbath.

J: Plus quelques trucs de Death Metal dans le style suédois.

emofag: Vous écoutez toujours ces groupes aujourd’hui j’imagine?

J & S: Ouais.

emofag: Vous avez écouté le nouveau Candlemass?

S: Ouais, il est un peu mieux que le précédent mais pour moi je mes suis arrêté au quatrième album.

emofag: « Epicus Doomicus…» 

J: Non ça c’est le premier. Le quatrième c’est celui avec la statue le truc de Gustave Doré, c’est ça?

S: Ouais.

emofag: Donc Eibon c’est un peu un retour aux sources?

S: On a tous des influences qui sont venues avec le temps… Aujourd’hui avec Eibon il y a d’autres éléments qui interviennent par rapport à un Doom classique comme on pouvait jouer avec Garden Of Silence à l’époque. On se laisse plus aller sans vraiment calculer, même si on a tous nos influences communes et récurrentes dans le groupe.

J: Depuis on a écouté beaucoup de Sludge, genre Buzz Oven qui nous a pas mal influencé au début d’Eibon, et puis aussi d’autres groupes de Doom qui étaient apparus comme Reverend Bizarre. D’ailleurs quand on a fait le groupe avec les mecs de Space Patrol c’était plus Doom classique et c’est un peu pour ça qu’on s’est séparé…

emofag: Ils étaient plus Rock n’ Roll?

S: Non c’était du pur Doom mais vraiment des trucs définis et c’est quelque chose qui correspondait moins à notre état d’esprit. On voulait plus se laisser aller et voir ensuite ce que ça donnerait.

emofag: Vu que vous avez déja passé pas mal d’années à jouer ensemble.

S: Ouais et puis après au fil des répets, le style s’affine un petit peu plus.

emofag: Et puis y a eu la découverte du Sludge entre temps, non?

S: Ben non, ça fait super longtemps qu’on écoute ça, depuis les premiers Eyehategod, les premiers Buzz Oven… Mais on écoute aussi bien ça que du Saint-Vitus, du Neurosis et puis pas mal de trucs progressifs genre Pink Floyd

emofag: Dream Theater?

S: Ouais, y a des plans intérêssants chez ce groupe là!

emofag: T’es allé les voir au Zenith?

S: Non, j’ai un peu de mal avec le chanteur.

emofag: Comment vous faîtes la différence entre le Doom et le Sludge?

S: C’est simple, le Sludge c’est un mélange entre Black Sabbath et Black Flag. Et le Doom c’est vraiment des influences Heavy Metal.

emofag: Pour moi y a un petit côté Bluesy dans le Sludge.

S: Ouais, ils ont pris la même chose à Black Sabbath que Candlemass mais juste avec un côté plus dégueulasse quoi. Un côté sud des Etats-Unis.

J: C’est plus violent aussi, y a pas ce côté violent dans le Doom.

M: C’est plus énervé, y a moins de travail sur les ambiances.

S: Si, il y a des ambiances mais elles sont différentes.

emofag: Donc vous avez fait le split, maintenant vous préparez le deux titres. De ce que j’ai pu en entendre tout à l’heure c’est quand même plus progressif que sur le split, plus de travail sur les ambiances etc… C’est venu tout seul?

J: Ouais complétement. Mais comme pour tout le reste, on s’est pas dit: « bon là on va faire du progressif» .

S: Ouais c’est à force de jouer, ça vient naturellement. Sur des impros, on retient des choses…

emofag: En fait c’est comme ça que vous composez?

S: Ça vient de différentes façons. Sur les deux titres qu’on vient de finir, Maxime à composé un titre entièrement, pour l’autre j’ai ramené une base et on s’est ensuite laisser aller en jammant pour retenir certaines choses qu’on a structuré par la suite. On a donc pas vraiment de manière précise de travailler.

J: Même s’il y a toujours une base plus ou moins définie à laquelle chacun vient greffer ses idées.

M: Il y a quand-même de plus en plus de passages où on se laisse simplement aller pour en retenir le meilleur, et je pense qu’on se dirige vers cette façon de faire dans l’avenir.

emofag: Et pour des titres de douze minutes comme on a entendu tout à l’heure, combien de temps vous passez sur la mise en place du morceau?

S: Ça dépend. Sur certains titres la structure est relativement rapide à mettre en place. Sur d’autres, on va laisser mûrir le truc. C’est comme pour la compo, on a pas de recette figée.

J: Il y a certains morceaux qu’on peut commencer très vite et puis se retrouver bloqués au bout d’un moment. On peut parfois revenir dessus longtemps après.

S: Il y a des morceaux vieux d’un an sur lesquels on joue encore au rubik’s cube.

emofag: Vous enregistrez tout pour pouvoir revenir desssus?

S: Ouais en géneral on enregistre les répets avec un Mini-Disc pour pouvoir rebosser dessus.

emofag: Est-ce que vous voyez en dehors du groupe?

S: Carrément, on est des potes depuis un bail et puis Maxime c’était le petit frère d’un pote qu’on a en commun. en fait, ça reste centré sur les mêmes personnes depuis toutes ces années.

emofag: Et le deuxième titre, ça sonne comment?

J: Peut-être un peu plus violent.

S: Ouais, plus direct mais avec quand-même pas mal de passages progressifs.

emofag: Pour ce qui est des vocaux, il me semble qu’ils sonnaient plus Death sur le split, non?

S: Disons que sur le split, on l’a peut-être un peu fait à l’arrache parcequ’on avait l’opportunité de sortir ce truc donc on a fait ça dans la précipitation et on a été moins pointilleux par rapport au mix et à certains détails. Pour cette fois on a quand même fait plus de travail sur les vocaux…

emofag: Y avait une deadline pour rendre le truc?

S: A la base ouais, mais avec Bones Brigade et Hangman’s Chair y a eu un écart entre la théorie et la pratique!

emofag: Comment vous avez décroché ce deal avec Bones Brigade?

S: En fait avec Drowning on était chez Bones Brigade jusqu’au dernier album et comme Georges et moi faisons partie de Drowning on l’a fait écouté à Nico qui avait envie depuis un moment de sortir un truc français assez lourd qui rompt un peu avec ce qu’il sort d’habitude et vu que Drowning, Hangman’s Chair et Eibon c’est en fait le même cercle de potes…

J: On partage le même local de répet en fait…

S
: Donc tout s’est fait naturellement, il a pensé à nous deux et vu que le split est un format qui marche plutôt bien…

emofag: Donc vous aviez trois titres sur le split?

S: Non, deux.

emofag: Ah… Je trouvais que l’ambiance du second titre était plus originale.

J: Disons que le premier sonne un peu plus classique mais c’est ce qu’on aime aussi. Mais c’est un morceau plus rentre-dedans qui passe super bien en live.

S: Dans tous les cas, c’est une bonne chose de proposer des ambiances variées.

M: Un truc un peu différent à chaque fois…

emofag: Ok, et les trucs Funeral Doom genre Esoteric vous écoutez aussi?

S: Ouais, moi personellemet, j’suis pas…

M: Ça, ça va encore Esoteric mais tout ce qui est Sunn O))) ou Khanate… J’trouve ça un peu chiant en fait.

S: J’peux comprendre le délire hypnotique, limite en tant qu’auditeur mais à jouer…

J
: Cela dit y a un album que je trouve pas trop mal de Sunn O))) c’est le « Black One» , mais sinon dans le genre Funeral ce qu’on écoute c’est justement Funeral Orchestra.

emofag
: Et Monarch?

J: Ouais dans le genre c’est bien fait mais bon…

S: Pas vraiment fan…

emofag: Après faut voir comment ils défendent ça sur scène.

J: J’ai vu une vidéo live, ouais… Ça à l’air de bien le faire.

emofag: Justement pour vous la scène c’est un kif?

J: Carrément.

S: Autant je kiffe le studio que je kiffe la scène. Je me vois mal jouer dans un groupe et ne pas faire de scène, comme je me vois mal jouer dans un groupe et ne pas enregistrer. Les deux sont essentiels, surtout à notre époque où certains groupes ne reflètent pas sur scène ce qu’il font sur disque… C’est bien de montrer que t’es un minimum concerné par ce que tu fais sans en faire des tonnes.

emofag: Vous avez joué avec High On Fire début septembre?

J: Ouais…

emofag: Des nouvelles dates depuis?

J
: Non, apparemment on aurait un nouveau concert avec Hangman’s Chair et Heavy Lord au mois de décembre (NDLR: L’interview a été réalisée en novembre). Tous nos concerts jusque là on les a fait avec Hangman’s Chair.

S: C’est Adrien le guitariste d’Hangman’s Chair qui joue aussi dans Third Arm qui se bouge beaucoup pour ça et qui nous aide pas mal.

M: Un grand merci à Adrien donc.

emofag
: Il a son petit réseau j’imagine?

J
: Ouais, une assos’

S: C’est lui qui à fait venir Capricorns cet été.

emofag: C’était bien?

S
: Ouais mais la salle est un peu spéciale là-bas à l’espace B j’ai joué plusieurs fois là bas avec Eibon et Drowning et à chaque fois c’était une ambiance assez glauque mais pas le bon glauque si tu vois ce que je veux dire.

emofag
: Ah bon?

J: En soi c’est pas une mauvaise salle mais les lights sont bizarres…

S: Et puis le son c’est de la merde…

J: Ouais le son est pourri.

S
: Tu sais nous dans l’esprit on est assez Rock n’ Roll, on peut jouer dans des conditions merdiques, on prendra quand-même notre pied mais là c’est vraiment une ambiance particulière…

J
: Ouais bizarre.

M: Une ambiance che-lou.

emofag
: Du coup les gens se lâchent un peu moins…

S: Ouais, du coup le public est plus attentif… Encore que dans le style qu’on fait, je comprends que le public soit plus attentif que sur une musique comme celle de Hangman’s Chair qui est plus directe…

emofag
: Vous avez prévu des passages plus catchy pour vos futurs compos…

S: Si ça doit se faire, ça se fera, c’est pas vraiment le genre de trucs qu’on calcule.

J
: C’est comme ça qu’on fonctionne depuis qu’on fait de la musique ensemble tu sais.

emofag: C’est sûrement la meilleure démarche à avoir pour faire un truc sincère finalement?

J
: Mais tu peux faire sincèrement de la merde!

emofag
: Et avec High On Fire vous avez tapé la discute?

J: Non, pas trop. Ils étaient pas mal dans le speed.

S
: C’est toujours un peu différent, un peu spécial avec les groupes américains. Quoi qu’il arrive, les ricains ont de toutes façons un côté pro que les européens n’ont pas forcément. Mais avec tout ce que ça entraîne y compris dans leurs rapports avec les groupes qui ouvrent pour eux. En même temps, au bout de la trentième date c’est normal de pas vraiment calculer ce qui se passe autour de toi…

emofag: Depuis le temps que vous faîtes de la zique, vous avez dû pas mal tourner?

J: Pas trop avec Eibon, on a toujours joué à Paris, à part le premier concert qui était à Lille.

emofag: Et toi Steph avec Drowning?

S
: Ouais, surtout quand on a commencé on était dans le délire Hardcore à une époque où c’était un genre qui offrait pas mal d’opportunité de jouer en France, en Belgique, un peu partout…

emofag
: Tes meilleurs souvenirs?

S: On a joué avec Rebellion, Krisiun, Turmoil, Napalm Death

emofag: Vous êtes allés au Hellfest cette année?

S: Non pas cette année. On y avait joué avec Drowning y a deux ans…

emofag
: Ça t’a plu?

S: C’était notre premier gros festival, être backstage, discuter avec des groupes, c’était cool. Bon, on a joué à midi y avait pas grand monde mais c’est pas grave, j’ai kiffé!

emofag: Bon, et ces deux titres, est-ce que ça va sortir sous une forme ou une autre?

S
: On sait pas trop. On a enregistré ces titres parcequ’on voulait se faire un peu de studio mais pour l’instant on est sur aucun label.

J: Comme je t’ai dit tout à l’heure, on a enregistré ces deux titres parcequ’on trouvait qu’ils allaient vraiment bien ensemble et pour l’instant, on est plutôt dans une optique de démarche. Si on nous propose de les sortir sous un format intérêssant genre un vinyl ou un CD sympa, je pense qu’on le fera. Pour le split on a eu de bons retours mais deux titres ça ne suffit pas vraiment pour convaincre un label donc ces deux nouveaux titres sont là pour ça.

S: Et puis comme ça les gens se rendent compte que le groupe évolue, que ça continue, qu’on travaille et qu’on affine le son. Après vu la conjoncture actuelle tu peux pas trop en demander aux labels, surtout quand tu es un nouveau groupe qui débarque avec seulement deux titres.

emofag: On parlait de morceaux plus progressifs tout à l’heure, votre musique vous la voyez évoluer de quelle façon ces derniers temps?

S: Euh…

J: Je sais pas, plus d’arrangements sur les guitares, ds trucs comme ça.

M: Ouais, on se prend quand même de plus la tête pour que ce soit de mieux en mieux…

emofag: Vous avez prévu des samples pour les deux nouveaux?

S: Ouais, ouais, pas mal de samples… Mais cette fois ce sera des sons pas des dialogues de films ou ce genre de trucs. On est vraiment fans de samples, tu vois, Buzz Oven ce genre de trucs…

J: Pour cette fois c’est quand-même plus de l’arrangement. Mais sur scène les samples apportent vraiment quelque chose, tu peux vraiment recréer tes morceaux le plus fidélement possible par rapport au disque.

emofag: Et si on vous propose trois semaine de concerts là, vous partez?

S: Ben, après c’est à voir avec les obligations de chacun forcèment. Pour nous la zique c’est d’abord une passion et on insiste pour garder ce côté-là, évoluer à notre rythme et ne pas tourner coûte que coûte… Surtout quand tu vois comment ça se passe maintenant en tournée. Si t’as pas un label derrière toi pour te soutenir, avancer un peu de thunes, t’es mal…

J: On est là pour prendre notre temps, pas pour se stresser…

emofag: Des prises de têtes des fois?

S: Ouais, ça arrive…

M
: On partage pas que les meilleurs moments, c’est la vie…

J: En plus on se connait suffisamment pour pas que ça dégénère.

S: C’est aussi le genre de truc qui te fait avancer, c’est comme se prendre la tête avec sa copine ou son frère. Tu reviens au bout d’un moment la tête basse et tout va bien.

M: C’est même encore mieux!

S: Et puis si tu connais pas d’épreuves, d’obtacles, finalement tu connais pas vraiment les personnes qui sont autour de toi ni de quoi t’es capable.

emofag: D’ailleurs c’est souvent en tournée que ça se passe ce genre d’embrouilles…

J: Ben ouais, dans des conditions merdiques. T’as plein de groupes qui arrêtent à la fin de leur première tournée. C’est pour ça que l’ayant déja vécu plus ou moins on a pas forcèment envie de repartir là-dedans.

S
: Moi, ça me fait pas vraiment flipper, vu les liens qu’on a ensemble je sais que c’est pas une tournée qui pourrait nous faire splitter, provoquer des clash où quoi que ce soit. Et puis on est suffisamment lucides pour ne pas tomber dans ce genre de situations explosives et si un jour on a plus la tête sur les épaules y aura toujours quelqu’un dans notre entourage pour nous faire redescendre sur terre. De toutes façons pour l’instant, à notre niveau, on a pas de quoi se la raconter…

emofag: Ouais quand-même… En fait, j’pensais que c’était un album que vous prépariez…

S: Ouais, on a la matière remarque, mais c’est encore des choses qui vont évoluer.

J: De toutes façons on attendra pas un an pour retourner en studio comme ça a été le cas cette fois. Enfin ça dépendra aussi des retours mais le but c’est quand-même de continuer à s’enregistrer ce qui est, je pense, une bonne manière de progresser.

emofag: Donc ça va ici c’est comme à la maison?

J: Ouais ça commence…

emofag: Et y a du matos quand-même…

S
: Ouais et puis l’ingé-son est super cool, il sait très bien ce qu’on veut et comment le faire sonner.

emofag: Vous avez fait basse-batterie et après guitare?

S: En fait on à tout joué ensemble et puis on a redroppé certains trucs. Ensuite on a fait le chant.

emofag: Et votre chanteur comment il bosse, il vient poser des idées sur vos riffs ou il écrit les textes d’abord?

S: Les textes c’est un peu tout le monde qui s’ en occupe et en particulier Jérôme. On se concerte tous, pour voir si quelqu’un à une idée et on essaye de partir de là.

M
: On essaye de tous de s’arranger pour trouver des textes.

S: Mais c’est à ce niveau là qu’on aura le plus de travail à fournir… Georges notre chanteur est de toutes façons guitariste à la base et c’est un truc nouveau pour lui. Jusque là on avait notre parolier attitré, Ridwan, qui s’occupait de tous les textes mais maintenant on a envie de faire les choses par nous mêmes.

J
: La difficulté c’est d’écrire le texte au bon moment. Si on file à Georges un texte déja écrit ça ne collera pas forcèment au morceau et à ses idées et si inversement il n’a aucune matière pour bosser son chant ça va être dur des trouver des lignes de voix.

emofag: Ça doit pas être facile de se poser sur des morceaux de douze minutes comme ça.

S: Disons qu’on a des passages qui nécessitent du chant et d’autres qui sont plus « ambiance» , plus calmes.

emofag: C’est pas trop chiant pour lui ces moments-là sur scène justement?

S: Ah il s’en plaint un peu c’est clair!!! Personellement je trouve qu’il le gère vraiment bien mais c’est sûr que ça doit pas être évident pour lui. Bon nous on s’en fout on est dans notre truc mais lui au bout d’un moment, il tourne en rond! Alors il va boire un coup derrière l’ampli et voila.

J
: Mais quand on fait les morceaux on sait déja à quel endroit il y aura du chant et à quel endroit il n’ y en aura pas.

emofag: Et le nom, qui l’a trouvé?

S: Ben, on est tous des gros fans de vieux films d’horreur et le nom est tiré du film « The Beyond»  de Lucio Fulcci dans lequel on trouve le livre d’ Eibon.

J: C’est aussi un bouquin tiré de la mythologie Lovecraftienne.

emofag
: Le Necronomicon c’était déja pris?

S: Ouais mais bon même Eibon c’était déja pris par trois ou quatre groupes, des trucs de Black qui existent plus maintenant mais…

emofag: C’est des trucs que vous écoutez ça le Metal extrême, Black Metal et tout ça?

S
: Ouais…

J
: Ouais, moi ouais.

emofag: Quels groupes?

J: Toute la scène US: Leviathan, Xasthur, un peu moins…

emofag: Judas Iscariot?

J: Ouais un peu moins, enfin toute cette scène là…

emofag: Wolves In The Throne Room?

J: Ouais, ça j’adore. Mais c’est marrant parceque je trouve que la deuxième vague Black Metal au début des années 90, quand Darkthrone s’est mis à faire du Black, a été vraiment une régression. On sentait une grosse montée dans la violence alors que Bathory, Venom ou Celtic Frost c’était des trucs encore récents pour moi… Je ne comprenais pas vraiment la démarche de ces nouveaux groupes.

emofag: Mmm…

J: En tout cas c’est dans le Black Metal qu’on trouve aujourd’hui les trucs les plus innovants. C’est intéressant de voir qu’un genre aussi extrême se recoupe aujourd’hui avec des trucs comme Isis ou Neurosis. Je serais curieux d’écouter ce que va donner Twilight maintenant qu’un gars d’Isis à remplacé Wrest de Leviathan.

S
: Mais ouais, on kiffe bien Deathspell Omega aussi…

emofag
: Mortel ça.

S: Terrible.

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(S’en suit une converstaion, ou plutôt un monologue décousu ou je tente en vain de trouver des questions intéressantes pour finalement déboucher sur:)

emofag: Et niveau artwork, tout ça, merchandising?

J: Ben, on a fait des T-shirts, parcequ’on avait envie d’avoir des T-shirts.

S: Ouais un truc avec le logo, basique.

emofag: Vous êtes old-school finalement!

S
: Ben t’as vu moi j’ai 35 ans, y a Maxime qui met un peu de jeunesse dans l’histoire mais bon il a grandit avec les trucs qu’on a écouté donc…

emofag: Donc il a 35 ans aussi!

J
: Mais on est pas old-school dans le sens où on crache sur tout ce qui est récent au contraire.

M: Ouais on écoute de tout. Pas que du Metal.

emofag: Comme quoi?

M
: Du Flamenco!

S
: Nan moi j’écoute pas mal de Dub aussi.

emofag
: Parceque t’es bassiste!

S
: Aussi, peut-être ouais. Sinon pas mal de trucs Rock 60-70…

emofag
: Dernier concert?

S
: Le dernier c’était Ramesses et Unearthly Trance.

emofag: C’était bien?

S
: Excellent, la tuerie. Bien dégueulasse, bien obscur. Un son tout pourri, une salle de merde mais l’esprit était là!

emofag
: C’était votre pote qui organisait?

S: Non, c’était je sais plus quelle asso. C’est con, j’aurais bien aimé ouvrir pour eux.

M
: On aurait pu en plus.

S
: Ouais, c’était un groupe de Death, Carmina.

emofag
: Un groupe de Paris?

S
: Ouais.

emofag
: Justement comment vous voyez la scène Metal Parisienne, vous qui êtes des « vieux routards» ? Son evolution?

J
: C’est une évolution comparable à n’importe quelle scène. Y a des trucs bien, des trucs hyper hype… Mais dans certains styles y a quand-même de super bons groupes français, comme dans la scène Black par exemple qui est à mon avis une des meilleures si ce n’est la meilleure…

S
: Mais bon on a quand même jamais été vraiment dans le délire « scène»  mais si on a les même potes de longue date. Ce que tu fais parle de toutes façons pour toi même.

(S’en suit une nouvelle conversation nébuleuse sur la Karaté Dance, le HxC et la mauvaise réputation de Kickback dans la scène française.)


emofag
: Et Bones Brigade ils seraient pas chauds pour sortir du Eibon?

S
: Ben, ils ont déja sortis Hangman’s Chair le mois dernier. Je pense que pour Nico c’est plus facile de miser sur un groupe comme Hangman’s Chair qui est quand-même plus accrocheur.

M
: Ils ont aussi de l’avance sur nous quand-même.

S
: Ouais, ils avaient un album tout prêt et Bones Brigade n’a pas non plus un budget qui lui permet de sortir tout ce qu’il a envie. Mais quoi qu’il arrive il sera à fond pour un split un 45 ou un truc dans le genre. Après de là à prendre un engangement sur un album dans sa situation financière…

emofag: Pour le split vous aviez payé le studio et lui le pressage?

S
: Ouais de toutes façons il serait vraiment mal s’il devait payer le studio pour chaque groupe qu’il sort…

emofag
: Quand tu commences la zique tu crois que d’être sur un label ça va être la belle vie mais que dalle…

S
: Ben ouais…

emofag
: Bon, j’crois qu’on à fait le tour, un truc à ajouter?

S
: Merci de ton attention.

J: Merci.

emofag
: Maintenant va falloir que je tape tout ce bordel!

S
: Ha ha ha, chacun sa merde!!!

Maxime Hedin, Jérôme Lachaud, Stéphane Riviere

OFFICIAL EIBON WEBSITE:
http://www.eibonmetal.com/

OFFICIAL EIBON MYSPACE PAGE:
http://www.myspace.com/eibonmetal

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