Another Kind Of Death – Sleepless Every Night (Underhill Records)

images1.jpegAprès moults retards, le voici enfin ce foutu album d’Another Kind Of Death, valeur montante de la scène Hardcore hispanique qui nous avait déja flanqué une bonne rouste avec sa participation au d’ores et déja cultissime split « Waterloo ». Un léger soupçon Rock n’ Roll semblait s’immiscer dans la musique des espagnols depuis quelques temps ce qui est toujours de bonne augure pour nous à la rédaction dès lors qu’il ne s’agit pas de singer le truc (salut les suédois, ça va?). Attente palpable donc et premier vrai test réussi haut la main.

10 titres, la demi-heure à peine éffleurée, Another Kind Of Death va droit à l’essentiel.
Les deux premiers titres, « The Rope » et « Venganza », tapent dans une veine Math Core typique du style AKOD. Tempos lourds et saccadés, vocaux papier de verre, impression tenace de se faire charcuter au scalpel, une très bonne mise en jambe pas des plus originales certes mais diablement efficace qui déboule sans crier gare sur un « Car Crash » pugnace marqué par l’utilistation judicieuse d’une voix claire. Ça y est, on y est, des riffs Hardcore n’ Roll bien juteux, un groove venimeux, une grosse furie Rock n’ Roll qui copule à merveille avec les syncopes Hardcore du groupe. Et la chose se confirme avec « Golem » et son refrain à toute berzingue joliement maniéré par des hand claps bien sentis. « Long Distance Vision » continue dans le même schéma alternant torpilles Rock n’ Roll et passages plus lourdingues, on pense bien evidemment à Botch, Breach ou Coalesce sans pour autant crier au plagiat. Ce feeling Rock beaucoup plus présent que par le passé et la toute puissance de la production y est certainement beaucoup. Another Kind Of Death joue maintenant chez les grands.
Après un instrumental posé tout en classe aérienne façon Post Hardcore qui calme un peu les choses, « …And I Chose You From The Dead » s’éclipse gentiment pour laisser la place aux furieux « Spitfire » et « Alcohol & Glitter » qui reprennent les choses là où AKOD s’était arrêté avec « Long Time Vision », à ce stade, soyons impartial, une certaine monotonie s’installe. Ces deux morceaux cassent tout mais peinent à se différencier des autres et puisqu’il doit y avoir un bémol ce sera celui-là. Mais tout de même, les flambées Hardcore d’ »Alcohol & Glitter », même si elles n’ont pas inventées la poudre, foutent le feu à la baraque sans problème. Et puis Another Kind Of Death se ressaisit derechef avec le fabuleux « Electric Manifest », un monstrueux uppercut, meilleur morceau de l’album avec l’épique « Cloudy Waters » qui clôture la tornade « Sleepless Every Night » avec brio. Le truc cool, ça aurait été plus de tracks de cette trempe en fer forgé, un peu plus d’originalité aussi sur certains titres. Et c’est tout. Dans un dernier râclement l’album s’achève (comme il a commencé) et c’est peu de dire que le potentiel d’AKOD explose ici au grand jour. Alors oui, la pochette est ridicule (c’est « Too Fast For Love » de Mötley Crüe, le glamour en moins), les textes semblent (ils ne sont pas imprimés en intégralité) n’être rien de plus que ce qu’on à l’habitude d’entendre (ou de lire) dans le Hardcore à tendance introspectif, c’est à dire pas grand chose, on repassera également pour l’album le plus original de l’année mais hormis ces quelques petits accrocs (que certains ne leur pardonneront pas) cet album est pour moi une très bonne surprise (attendue) de fin d’année que je ne me lasserai pas d’écouter en boucle pour le plus grand bonheur de mes chers voisins qui eux aussi ont le droit d’écouter du Hardcore.

8,5/10

Simon

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