Eibon / Hangman’s Chair - Split (Bones Brigade Records)
En ce 5 juillet 2007 le ciel est toujours gris à Paris, strié de vilains nuages baveux qui se massent sur les toits de la ville.
C’est à cette date précise que je trouve le split d’ Eibon & Hangman’s Chair sur le pas de ma porte (délicatement déposé là par ma concierge et non quelque messager des enfers, à mon grand regret), disque ô combien propice à ce climat pourri. Comme quoi, il n’ y a pas de hasard…
Je vous explique: bien qu’émissaires de l’écurie Bones Brigade, ces deux groupes ne jouent pas de Gore Grind et encore moins de Brutal Death mais tapent dans le gros (et le gras, ça va avec) Stoner Sludge bien dégoulinant avec chacun, bien sûr, ses particularités. Vous l’aurez donc compris, rien d’autre en fait que la bande son idéale en ces jours de dépression météorologique.
Eibon démarre les hostilités et me fait de suite penser au grand Iron Monkey, avec ce même groove qui remue l’estomac, écorché par une voix plus râpeuse encore que celle d’un Kermit passée sous disto et douloureusement plombé par d’écrasants ralentissements de tempo. Un judicieux sample tiré de “Henry: Portrait of a serial-killer”, le film qui vous regardez tous les soirs en vous masturbant, une perceuse dans la main gauche (ou droite c’est selon), atteste du bon goût des lascars qui se montrent tout de même bien plus convaincants sur le deuxième morceau. Délaissant les plans typiques du Sludge, le groupe (formé d’ex Garden Of Silence s’il vous-plaît) s’aventure sur un chemin plus Doom à l’ambiance funèbre prenante. “Enslaved By Abyssal Torments”, on est en plein dedans, Eibon nous offre le meilleur titre du split. Rideau. Hangman’s Chair (putain de nom) prend la relève.
Composé d’anciens membres d’Es La Guerilla (Es La G, disait-on dans certains cercles obscurs), Hangman’s Chair réinjecte un peu de vie dans le split après le gouffre Eibon. Non pas que leur musique respire la joie de vivre et l’eucalyptus mais “Appetite For Self Destruction” (un hommage à Guns n’ Roses c’est obligé) claque à la gueule comme une bonne décharge de chevrotine. Un Stoner Metal fiévreux et moite comme un bayou putride un soir d’été, voila le programme des parisiens alors ne boudons pas notre plaisir. La bonne surprise vient surtout des vocaux puissants et rauques, totalement redneck freak dans l’attitude. Franchement si on vous disait que ce groupe vient du Texas vous le croiriez. Je décèle même une influence Alice In Chains (ok ça c’est ni redneck, ni Texas) dans la ligne de voix de “The Getaway” (un morceau qui s’appelle “Brushaway”, putain c’est dingue ça), il faudra que je leur pose la question. Mais sérieusement le vocaliste a fait du très bon boulot. Et les autres ne sont pas en reste. Les deux morceaux contiennent ce qu’il faut de Rock n’ Roll, de mélancolie et de lourdeur, l’équivalent musical d’un cocktail Jack Daniels, prozac & amphets, pour faire de Hangman’s Chair un groupe de Stoner à l’envergure internationale.
Bones Brigade ajoute donc une nouvelle tuerie dans son tableau de chasse (jetez une oreille attentive à l’excellent album de Total Fucking Destruction) avec ce très bon split qui voit ma préférence aller à Hangman’s Chair et ce principalement en raison de son hommage à Guns n’ Roses. J’attendrais quand-même de les voir sur scène avant de continuer à en faire l’éloge de façon aussi suspecte.
7/10 - 7/10
Simon
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